Les objectifs de cette recherche

Cette recherche vise deux objectifs. Son objectif analytique principal est de produire de la connaissance sur les dynamiques des processus sociaux et institutionnels qui expliquent tant le niveau de conflictualité/ d’acceptabilité sociale que le succès ou l’échec de l’implantation des projets éoliens dans les territoires. Plus précisément, le projet interroge le rôle joué par :

1 les systèmes de croyances, les coalitions d’acteurs et leurs stratégies,

2 les modalités d’organisation du processus de décision collective et

3 les règles institutionnelles régulant l’usage des principales ressources (sol, biodiversité, paysage, bruit, etc.) concernées par l’activité.

Plus particulièrement encore, il interroge le rôle et les modalités de mise en place d’arrangements permettant la redistribution des plus et moins values écologiques (notamment paysagères) et économiques (notamment énergétiques) au sein des territoires concernés par les projets d’implantations de parcs éoliens.

Son objectif opérationnel principal est de :

4 répondre au besoin d’ingénierie sociale des acteurs territoriaux afin d’atténuer les tensions et conflits qui s’expriment à l’occasion de ces projets. Les connaissances issues des études de cas réalisées dans cette recherche seront utilisées avec les acteurs sectoriels et territoriaux dans un processus de formation-action.

Rétroactivement, cet objectif opérationnel constitue également un processus d’apprentissage pour les chercheurs qui s’appuie sur la capacité réflexive que les acteurs ont de leurs propres pratiques.


Le cadre d’analyse

Ce projet de recherche part de l’idée qu’un parc éolien est en soit un projet territorial. Autrement dit, il s’agit pour les acteurs concernés de décider ensemble de l’avenir d’un territoire : se fera-t-il avec ou sans un parc éolien ? En effet, par son importance, notamment, mais non seulement, visuelle, le parc éolien change significativement et en profondeur l’évolution du territoire qui l’accueille. Ce changement touche son fonctionnement, aussi bien économique qu’écologique, mais aussi le rapport personnel qu’entretiennent les habitants à leur propre territoire.

Afin de soutenir ou s’opposer à cette évolution du territoire, ou encore la diriger vers une forme qu’ils considèrent plus acceptable, les acteurs interagissent dans le cadre de procédure et processus formels ou non. Ces échanges vont non seulement permettre un partage et une confrontation des valeurs et des connaissances sur le projet, ses conséquences et le territoire lui-même, mais ils vont aussi, parfois et en partie, les transformer (approche constructiviste). Un compromis territorial émerge alors ou non.

Les interactions entre les acteurs concernés sont étudiés sous trois angles complémentaires: 1) les coalitions d’acteurs – comment se forment et s’associent les groupes d’acteurs qui partagent certaines convictions 2) les processus de décision – comment sont organisés et se déroulent les échanges entre les acteurs concernés ? 3) le régime institutionnel de ressources – Selon quelles règles sont arbitrés les usages concurrentiels des ressources territoriales (paysage, sol et foncier, biodiversité, tranquillité, etc.)?

Dans la perspective constructiviste de l’acceptabilité / conflictualité sociale adoptée ici, l’atteinte d’un compromis territorial pour l’installation d’un équipement éolien apparaît comme un processus d’interactions complexe au sein duquel les connaissances et valeurs des acteurs du territoire d’implantation, les caractéristiques du projet éolien et les modalités d’intervention des acteurs de ce secteur industriel se transforment par itérations successives (T1, T2, Ti, etc.) pour aboutir à une manière, plus ou moins partagée, de concevoir la place de l’éolien dans le territoire où il s’implante (Tfinal).
Notre cadre conceptuel représentant cette dynamique sociale considère tout d’abord trois variables indépendantes en interaction : l’évolution des coalitions d’acteurs ; les modalités pratiques du processus de décision et les conditions concrètes et effectives d’interaction entre les acteurs ; le régime institutionnel de ressources.Ces trois variables indépendantes influent sur une variable intermédiaire : l’arrangement de régulation localisé (ARL), dont différentes versions se succèdent ou s’opposent au cours du processus.
L’accord ou le désaccord que cet ARL suscite auprès de l’ensemble des acteurs détermine finalement la variable dépendante : le niveau de conflictualité du processus (de nul à très élevé par exemple), qui évolue ainsi, lui aussi, au cours du processus. Celui-ci peut être, par exemple, considéré comme élevé lorsque les discussions/négociations sont rompues et la lutte administrative, juridique ou médiatique engagée.


Le cadre conceptuel

Le projet Gouvéole mobilise trois cadres conceptuels :

a Les régimes institutionnels de ressources naturelles (RIRN)

b Les coalitions argumentatives (ou ACF pour Advocacy Coalition Framework)

c L’analyse des processus décisionnels (APD)

Le cadre conceptuel sera publié en tant que working paper (WP1).

heig-vd hes-so plani-d

En partenariat avec :

unibe IUKB

Projet financé par :

FNS

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